08 juin 2009
PLainte psychiatrique 2
Je m'en fiche je continue!!!!
Hier, la journée se transforme en n'importe quoi. Aux urgences, à nous qui sommes "la plus grosse équipe de psychatrie aux urgences de France", nous avons la consultation psychiatrique (comme une consultation basique pour des gens n'ayant qu'un problème dit psy), l'accueil médico-chirurgical (urgences traditionnelles) etc... Nous intervenons entre autres, sur ces 2 postes. L'AMC est souvent bondée c'est vrai, le fameux Couloir est jonché de brancards que nous contournons comme des cadavres sur un champ de bataille.
- "LIBERONS LE COULOIR DES PATIENTS PSY " "DES VRRAIS MALADES ON EN VEUT!!!!!!" c'est le crédo insupportable du collectif anti-psy des urgences.
Imaginons, en poussant le bouchon, que nous transformions l'anti-psy en anti-gastrologie par exemple, on entendrait : "y'en a marre, ils font caca et pipi partout. Je refuse de nettoyer, c'est l'ide gastro qui doit faire, ses prises de sang, commande des transports, d'ailleurs elle est où, encore cachée dans son service?". Et l'infirmière de venir car elle est la présupposée, elle seule à tous les motifs gastro des urgences. Est-ce que c'est plausible????? Est-ce réaliste??? Franchement! Imaginons la même chose pour les vieux... pas la peine d'imaginer trop en réalité. Peut-on refuser des prises en charge somatiques sur le motif "que la personne est vieille", "qu'elle est agitée", "qu'elle pue" allons-y, "qu'elle a une verrue sur le nez" tout simplement qu'elle est chiante...
Je m'explique.
Hier soir, l'urgentiste de garde fait passer le message: "cette nuit l'amc n'accueillera pas de patient psy sauf les grosses intox médicamenteuses". Je traduis donc: nous recevriions à la consultation psy (où l'ide psy est seule ets sans somaticien) tous les genssoupçonnés de n'avoir pris que 2 à 3 médoc, qui seront malgré tout endormi et que je ferai patienter, sans aucune surveillance, dans la salle d'attente. Et tant pis s'ils ont pris plus de médoc, tant pis s'ils ont un autre pb somatique que leur crise existencielle.
Ca suppose que les ide psy, moi, devraient pallier à un vide organisationnel faisant que ces gens ayant besoin, a priori, d'une prise en charge mineure, d'être "dédouané somatiquement" ne le seront pas. Si jamais le problème est plus grave qu'il n' paraît ou s'il "resemble à de la psy mais qu'il n'est pas de psy": ils iront crever en salle d'attente.
Ca veut dire, que le personnel de la psychiatrie aux urgences semble être responsable du flot des patients qui arrive.
Ca veut dire, qu'hier soir, si vous aviez pris des médocs parce que vous n'en pouviez plus de la vie... Le médecin urgentiste ne vous aurait pas soigné.
Ca s'appelle du refus de soins tout simplement.
Ca veut encore dire qu'hier, si vous aviez bu, un peu agité, envie suicidaire (sous alcool évidemment)...etc vous étiez susceptible de partir directement en hôpital psychiatrique.
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